Retour sur l’étude sur les produits issus de l’agriculture biologique qui a été largement relayée par les médias fin juillet. Tout est parti d’une dépêche Reuters annonçant qu’une étude était parvenue à la conclusion que les produits bios n’étaient pas plus sains que les produits issus de l’agriculture traditionnelle (formule suffisamment vague pour entraîner des généralisations hâtives).
Comme l’explique très bien Tout allant vert, cette dépêche déformait quelque peu le communiqué officiel de l’organisme auteur de l’étude. En réalité, seule la question de l’apport nutritionnel était abordée, et pas les questions relatives à l’environnement.
Or, sur ce sujet, rappelons, entre autres, qu’une expertise de l’INRA, rendue publique en 2008, concluait à l’apport de l’agriculture biologique pour la biodiversité. Un an auparavant, en septembre 2007, le ministère français en charge de l’écologie mettait en avant les bienfaits de l’agriculture biologique pour la qualité des sols. Quelques mois plus tôt, c’était la FAO (organe des Nations Unies pour l’agriculture) qui soulignait les avantages du bio (son site Web consacre d’ailleurs une page aux questions simples que l’on peut se poser sur ces avantages). Il est donc toujours surprenant de voir l’emballement d’une partie des médias à partir de raccourcis faciles sur des questions aussi importantes.
Cela est d’autant plus gênant que cela arrive à un moment où le lobbying sur les politiques à mener face aux enjeux environnementaux est très présent, notamment au sein de l’Union Européenne, et que les industries n’ont pas besoin que ce genre d’information circule pour faire peser davantage leurs arguments ! A moins que ce ne soit pas une coïncidence … (mais non, je vois le mal partout !)